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Le retour

mardi 18 décembre 2007 - 00:16:48 Rapporter Citer
Écrit par : Membre enregistré #810
Inscrit le: mercredi 28 septembre 2005 - 16:39:52
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En cette nuit de décembre, au mouillage à la Corogne et dans la noirceur du carré, les instants ont déroulé l’inattendu, inouïes et inaperçues étaient nos mouvements saccadés qui suivaient à merveille le rythme des flots annonçant le mauvais temps venant du large. Les soupirs en syncopes de Maria en dessinaient parfaitement la brise.

Après deux ans en Europe, le temps était venu de préparer notre retour vers le Canada. Durant cette période, il y a eu des chalands, des écluses, des frontières, des fronts, des migraines, la mort qui coulait dans nos veines, des guerres, des coups de grisou, des exils, des ports, le naufrage du Corsair, l’acquisition du Matamore et l’amour inconditionnel de Maria, cette belle et chaude espagnole qui revenait avec moi dans mon pays.

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP

mardi 18 décembre 2007 - 22:42:42


La route que j'ai privilégiée passe par Madère,


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Les Îles Canaries

canari.jpg

Et le Cap Vert (Santiago)


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Pour ensuite traverser en Martinique.


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Une fois rendu au Cap Vert, plus précisément à l’île de Santiago, la première journée sera consacrée à la préparation de la traversée : ravitaillement en nourriture, eau, diesel, préparation du bateau et de la navigation. De là, nous nous dirigerons vers l'île de Brava, puis ça sera le grand départ pour la traversée vers la Martinique (distance 2000 milles), qui durera à peu près 15 jours.

Du Cap Vert, la traversée sera fera au portant, avec les alizés (20 à 25 nœuds) qui nous pousserons vent arrière, du début à la fin et il fera beau et chaud. Le soleil se couchera à tous les jours droits devant, sonnant l'heure de l'apéro.

Pour notre départ du cap Finistère, nous consulterons Météo-France, En matière de bulletins de météo marine de sécurité, Météo-France se conforme aux règles internationales définies dans le cadre du Système mondial de détresse et de sécurité en mer (SMDSM). Les bulletins de sécurité comprennent les bulletins « côte » (jusqu’à 20 milles des côtes), les bulletins « large » (jusqu'à 200 milles) et les bulletins « grand large ». À ces bulletins réguliers, diffusés à heure fixe, sont associés des avis de vent fort émis dès que le vent observé ou prévu atteint force 7 Beaufort sur le domaine de la côte (BMS-côte), ou force 8 Beaufort sur les domaines du large et du grand large (BMS-large).

La VHF est le moyen radio retenu par le Système mondial de détresse et de sécurité en mer (SMDSM) pour diffuser l’information maritime de sécurité dans la bande côtière jusqu’à 20 milles au large. Les bulletins météo, qui font partie de l’information maritime de sécurité, diffusés en VHF, sont des bulletins « côte » adaptés à ce domaine.

Même si le téléphone mobile est un moyen pratique pour consulter ces bulletins (voir rubrique « Services de Météo-France »), la Direction des Affaires maritimes attire l’attention des plaisanciers sur les avantages de la VHF par rapport à la téléphonie mobile : portée en mer largement supérieure, notamment dans le cas d’une installation fixe, et surtout efficacité sans comparaison en cas de détresse (veille permanente du canal 16 par les Cross, les sémaphores et la plupart des navires, facilité de radiolocalisation).

Bande latérale unique. Système de diffusion radio en moyenne et haute fréquence (MHF), nécessitant un récepteur particulier. Bien que le Système mondial de détresse et de sécurité en mer (SMDSM) ait retenu le Navtex comme moyen radio pour diffuser l’information de sécurité en mer sur le domaine du large (jusqu’à 300 milles des côtes), les Cross assurent toujours une diffusion en MHF-BLU. La station de radio-téléphonie Monaco Radio diffuse également les bulletins de Météo-France par ce moyen. Un récepteur radio « toutes ondes », recevant les émissions en BLU, est un moyen pratique pour recevoir la météo en mer, surtout en cas de traversée. Couplé à un micro-ordinateur, il peut recevoir aussi les émissions Navtex ou fac-similé.
[ Edité mardi 18 décembre 2007 - 22:43:31 ]
Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP

 



mercredi 19 décembre 2007 - 15:21:37
Nous avons très bien dormi.... quelle nuit...

Maria avait apporté un film que nous n’avons jamais terminé, trop occupés que nous étions à… faire d’autres choses!

Ce matin, je suis fier de moi! En plus de sa petite culotte, je lui ai soutiré un grand secret : son parfum.

C’est que Maria porte le parfum le plus enivrant que j’aie humé dans ma vie. Dès notre première rencontre, elle avait refusé net de m’en dévoiler le nom. J’ai donc passé des semaines à sentir des mouillettes dans des parfumeries aux quatre coins de la ville, sans succès. Il ne me restait qu’une solution pour obtenir ce que je voulais: user de menaces.

Pendant que je lui prodiguais des douceurs, tout juste avant le climax, je retirai mes doigts.

- Je continue seulement si tu me dis ce que je veux savoir!

Entre deux gémissements à la sonorité sublime et enveloppante, elle m’avoua tout. C’est de la lavande. De la lavande qu’elle fait pousser dans son jardin et qu’elle transforme elle-même en eau de toilette. Voilà qui est d’un raffinement…

Maria méritait que je reprenne mes attentions.
 



Il est 9h00 et Julien et Rosa arrivent avec leurs bagages... un couple avec qui nous avons fait et refait tout les bars de la ville et à chaque soir, après une dizaine de Cerveza, Julien me répétait sans cesse qu'il serait du voyage mais je le croyais toujours trop saoul pour s'en souvenir lorsque le jour J sera venu.... et c'est aujourd'hui le jour J.

Nous avons rencontré cette semaine sur la plage, ce jeune couple, lui avec son allure de beach bum à la gueule de star


juliencm5.th.jpg
 

Et Rosa, sa copine de Porto-Rico genre miss monde,


roselyn_sanchez.jpg
 

agrémenteront notre traversée.

Nous devons lever l'ancre aujourd'hui mais avant nous établirons un plan de route afin de joindre Madère et Julien qui me répétait sans cesse sa grande expérience de la mer.... sans doute comme tout ceux qui vivent sur le bord de la mer... allait être testé et ce en établissant le route avec moi car nous avons convenu d'être les skippers de cette traversée.

Maria et Rosa, ont déjà tout rangé et je suis à la table à carte avec Julien...

- Julien, toi qui connaît bien les environs, j'aimerais que tu me parle un peu du plan de route que nous devrions suivre...

[ Edité mercredi 19 décembre 2007 - 19:59:25 ]
Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP
 



mercredi 19 décembre 2007 - 17:56:24
Hé ! mon ami... on se calme !

Un, j'ai pas fini ma bière... Et deux, y a un ''Beach Party'' demain soir et il n'est pas question de manquer ça ! Il faudra ensuite dégriser... parce qu'une traversée de ce genre... ça ne planifie en criant ''lapin''... Shit ! le mot que je ne devais pas dire... raisons de plus de ne pas partir aujourd'hui !

Lorsque tu auras vu toutes les Rosa qu'il y aura à ce Beach Party... tu ne seras plus pressé de partir... toi non plus !

Le moins que l'on puisse dire, c'est que nous t'avons bien eu avec la photo de mon cousin Roco... Voilà plutôt ce que j'ai l'air... sobre !


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Profites en, parce que ça n'arrive pas souvent !

 [Édité mercredi 19 décembre 2007 - 18:04:59 ]
Homme libre, toujours tu chériras la mer. (Le Pilote)

 




mercredi 19 décembre 2007 - 19:53:44
 

Je connaissais a peine Julien mais je devinais qu'il n'avait pas dormi de la nuit, ces cheveux en bataille, sa barbe longue, sa fermeture éclaire ouverte, ses vêtements souillés et son haleine habituel de fin de soirée me recommandaient de ne pas quitter l'Espagne, aujourd'hui, comme prévu.

Il disait qu'une importante fiesta aurait lieu ce soir et qu'on serait mieux de célébrer la Noël avant de quitter le port car nous serons au large le 25 décembre. Il n'avait pas tord et après 2 ans d'exil en Bohémien des mers, le temps ne me pressait plus.

 


salamanca xmas.sized.jpg
 

Lui qui avait l'air d'un mendiant, d'un clochard et qui, en dépensant sans compter pleins de pesos à tout les soirs, avait tôt fait de ravir la barmaid et de partir avec, laissant Rosa en notre compagnie... d'ailleurs Rosa était serveuse dans un bar miteux du port et ce jusqu'à ce que Julien y passe une soirée le week-end dernier. Hypnotisé par cet homme, elle laissait tout derrière et quittait l'Espagne avec un homme qui avait le mode de vie d'un trafiquant de drogue. Je connaissais Julien que de nom et il me surprenait à tous les jours.

[ Edité mercredi 19 décembre 2007 - 20:01:13 ]
Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP

 



mercredi 19 décembre 2007 - 19:57:32


Lorsqu'il m'a donnée sa photo, il disait voici ce à quoi j'ai l'air lorsque je suis sobre et propre.... mais personnellement je ne l'avais jamais vue dans un tel état... soit sobre et propre.
Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP

mercredi 19 décembre 2007 - 20:13:03


Plus tard dans la soirée, tandis que les filles étaient parti faires des courses, j'entrai avec Julien dans la première boite qui me sembla animée. Une quinzaine de jeunes d'espagnoles dansaient sur des succès américains. D'autres discutaient affalées sur des divans au fond de la pièce. Nous étions les seuls clients mâle. (Ah! si ça pouvait être comme ça à Montréal!) J'allai au bar commander une Présidente - une bière locale - qui coûtait 30 pesos. Je laissai un billet de 50 pesos sur le zinc et avec la bouteille, je partis m'asseoir sur la terrasse où je ne serais jamais tranquille.

La ronde commença par la serveuse qui avait couru derrière moi pour me remettre les 20 pesos que j'avais pourtant laissés en pourboire. Puis une à une vinrent toutes les clientes du bar m'aborder avec leur plus beau sourire. Après quelques civilités, l'échange était toujours le même :

 

puce

Veux-tu coucher avec moi?

puce

Non...

puce

Pourquoi non?

puce

J'ai déjà une petite amie!

 

Immanquablement, elles saisissaient ma main gauche.

 

puce

Mais tu n'as pas d'alliance!

puce

On est pas encore mariés.

puce

Alors tu peux coucher avec moi!

puce

Non...

puce

D'accord! Tu me paies une bière, dis?

puce

Ça ok!

 

Au début, je trouvais la chose cocasse, mais après six ou sept filles et autant de bières payées, c'était carrément énervant. Heureusement des hommes s'étaient entre-temps installés sur la terrasse et pour que les filles me laissent tranquille, je suis allé m'asseoir avec eux. C'était trois Allemands qui passent deux mois en Espagne chaque hiver. Trois solides gaillards début trentaine qui s'enfilaient 5 Présidentes à l'heure.  À leur contact, ma propre consommation d'alcool à fait un bond prodigieux!
[ Édité mercredi 19 décembre 2007 - 20:17:09 ]
Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


jeudi 27 décembre 2007 - 03:05:23

 
Une heure plus tard, arrivèrent Maria et Rosa qui après avoir court-circuités rapidement le cordon de sécurité, nous expliquaient que cette soirée était gratuite pour les femmes et qu’elle ne coûtait que 10 euro avant minuit pour les hommes? Cool … j'ai cru entendre Julien, me dire, ce matin que ce sont les dames qui invitent. Euh ….y a t'il mieux comme soirée? Et même si on se retrouve dans une soirée ou il n'y a que des femmes, je préfère une soirée plein de femme que plein d'homme !!



photo soirena3.jpg


Maria eu tôt eu l’envie de briser la routine du carré ? Elle me dit… faire l'amour dans des lieux insolites, fait partie de mes fantasmes …. Surpris, je me dit-je… attention, conjuguer transgression et plaisir en faisant l'amour dans des lieux publics pourrait me réserver quelques surprises, si les forces de l'ordre nous surprenaient en plein ébat….. Nos galipettes pourraient alors être assimilées à de l'exhibitionnisme, condamné à l’équivalent de l'article 222-32 de notre code pénal soit à des peines pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 €uros d'amende. De quoi refroidir quelques ardeurs…ce qui finalement m’a quand même semblé vraiment intéressant….


Je me réveille et il est déjà 9h00, je me rend de peine et de misère au carré où la cafetière m’offre un café frais, j’ai la gueule de bois et plus aucun souvenir de ce qui devait être un moment extraordinaire et je me sens ordinaire…à maudite gueule de bois….


Les trucs et astuces, plus ou moins répugnants, contre la gueule de bois sont innombrables : prendre un café bien serré, boire du café salé, prendre une douche froide, de l’aspirine, beaucoup de vitamine C, des œufs crus, des anguilles hachées, de l’alcool (sic), un déjeuner bien gras et bien copieux, sans parler des divers cocktails qui concluent souvent les articles sur la cuite... L’imagination dans ce domaine ne connaît pas de limites.


Or, et c’est bien malheureux à dire, il n’y a pas de remède miracle contre la gueule de bois ! Il faut attendre que le foie ait éliminé l’alcool ingurgité (à raison d’une heure par dixième de gramme). Comme l’alcool déshydrate, et que beaucoup des symptômes désagréables du lendemain sont dus à la déshydratation de l’organisme, le seul conseil valable est de boire beaucoup : eau minérale, tisanes, bouillons... qui vous rendront aussi vos sels minéraux.


Le café est déconseillé car il est diurétique.
En relaxant avec ce café, je pensais à la semaine dernière……, à l’arrivée ici à La Corogne, je venais de passer 30 heures sans pilote automatique, sans dormir et j’ai vu les heures passer. J’étais déçu d’avoir franchie une si petite distance…BREST - LA COROGNE - Coruna (762 milles)…. et d’arriver si démoralisé.


Agrandir le plan


Maintenant que le temps était venu de reprendre le large vers l’Afrique, je songeais à notre dernière route et ses merveilleux moments, dont d’avoir barré un long moment face à une lune blonde et que j'avais l'impression de mener le bateau sur le chemin qu’elle nous avait tracé, juste pour nous, sur cette mer.


Je me souviens, attaché à la ligne de vie et durant le sommeil de Maria, qu’il n’y avait que moi, perché à l’étrave, face aux dauphins dans la mer calme du petit matin. Ils nageaient sur le côté pour me regarder de leur grand œil à travers la surface. L'eau lisse me laissait voir les moindres mouvements de leur corps, entendre leurs expirations sonores, et entendre leurs cris. Cela dura une éternité.


La semaine dernière, sur le pont, les yeux perdus dans le ciel immense, moi et Maria, avons sorti les cartes des constellations, puis nous les avons ignorées, trop captivé par le spectacle de la voie céleste. Je me souviens de tous les repas de rois que nous avons faits lors de nos escales, dans les marinas de la méditerrané, à la découverte de la gastronomie locale, et aussi en mer avec des recettes toujours novatrices et inimitables.


Je savais bien qu’une traversée de l’atlantique avec des nouveaux co-équipiers exigeait beaucoup de patience et une grande capacité de vivre dans un espace restreint et surtout avec inconnus. Même si nous avions une grande joie à festoyer ensemble, une traversée est autre chose qu’une bonne soirée entre copains…


Au travers de la fumée de la cigarette, je distinguais parfaitement les corps de Maria et Rosa, bien emboîtés ensemble et dans la chambre bâbord à l’étrave… ma chambre….


Vers 10h15, Julien est arrivé accompagné de deux copains typiquement espagnols soit en complet foncé et verre fumés. Ils ont même apporté deux sacs de voyage que Julien avait de toute évidence oubliés. C’est important des amis.

photo bouncer-500.jpg


Il est 11h00 et j’attends que Julien puisse reprendre ses esprits afin d’établir une route et quitter cet automne qui s’annonce froid, même ici en Espagne.


mercredi 02 janvier 2008 - 01:41:45

Je viens de terminer mon déjeuner et après avoir consulté dame météo, nous avons pris la décision de quitter la Corogne vendredi matin et ce afin de laisser passer une dépression qui vient en notre direction.

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Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP



mercredi 02 janvier 2008 - 01:49:07
J’ai paramétrés avant mon départ de Brest, non seulement la route à faire sur Maxsea mais aussi sur le GPS fixe du bord et sur un GPS portable étanche avec cartographie. J’avoue ne pas avoir eu le temps d’apprendre à m’en servir aussi j’avais sur une page (rangé avec toutes les autres infos importantes dans des feuilles/classeur plastiques) les consignes pour activer les cartes, la route en cas de besoin (c’est là une des différences avec les pros, les amateurs n’ont pas le temps de tout préparer tout connaitre eux même mais cela favorise le travail en équipe et la confiance. J’ai aussi à bord et accessible les cartes papier de la cote espagnole et la règle de nav, le compas pointe sèche, bref des trucs qu’on pense du musée…

Et bien de Brest à la Corogne, j’ai eu l’occasion de tout utilisé…

Après mon départ de Brest et quelques vagues pas totalement bien maitrisée (façon élégante de le dire !!) j’ai constaté que mon écran d’ordinateur était blanc, que le GPS fixe du bord était off ainsi que le pilote automatique, je me suis juste dit, no problemo, il y a du backup et cela n’a pas rajouté à mon stress et j’ai pu rester concentré sur mes vagues ….

En fait j’ai pu rallumer le GPS fixe et lui ai demandé la route pour aller sur le waypoint « arrivée » mais j’ai constaté rapidement que le chemin qu’il me donnait posait un problème car il restait 50 miles à faire et j’étais presque à terre, le cap indiqué étant vers cette terre si proche juste devant moi. Le fait de ne pas encore être complètement à l’Ouest par la fatigue m’a fait imaginer que je devais sans doute contourner un cap avant d’arriver à la Corogne situé devant mais de l’autre coté du cap et en effet j’avais au préalable ajouté dans le GPS 2 des points supplémentaires pour faire le tour.

Mais problème, la route pour ces waypoint était-elle bonne ? Étant si près de terre, il ne faudrait pas un autre cap sur le chemin donné par le GPS et bien entendu il faisait nuit... ? J’ai donc sorti la carte papier et à l’aide du point GPS j’ai identifié où j’étais et en effet je n’étais pas dans la bonne baie et avait pas mal de cailloux à éviter …

J’ai alors sorti le GPS portable avec la cartographie et grâce à la carte papier ai pu me positionner au bon endroit et activer la route sur le GPS portable et là à nouveau tout devenait facile il n’y avait qu’à jeter un œil de temps en temps à l’écran. Il se trouve que j’ai pu bricoler plus tard et redémarrer l’informatique mais je serais arrivé aussi bien à bon port sans Maxsea.

Bref il est donc indispensable d’avoir à bord un GPS de secours et les cartes papier. Le GPS doit être portable, étanche, autonome en alimentation et si possible (c’est encore un peu cher) intégrer la cartographie maritime détaillée. Avec ça vous pouvez partir en toute confiance sans avoir étudié dans le détail les cotes que vous longez. Par contre, n’oubliez pas votre bon sens marin, les machines ça fait ce qu’on leur dit et si vous demandez une route directe vers votre point d’arrivée elles n’hésiteront pas à vous faire passer par la terre si c’est plus direct.

Maintenant que nous ne partons plus aujourd’hui, nous allons profiter des 48 prochaines heures afin d’établir notre route vers Madère.


Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP



mercredi 02 janvier 2008 - 02:07:49
Je regarde le temps se gâter, le vent se lève et nous avons présentement une bonne brise, finalement je suis content de ne pas avoir quitté la Corogne mais en théorie, au large, le vent n’est pas un problème à condition d’adopté la bonne surface de voile en fonction de sa force. Dans l’absolu les bateaux sont conçus pour résister à toute force de vent. Au pire vous enlevez tout et le bateau peut complètement se coucher, il ne se remplira pas. Le problème si on enlève tout c’est que l’on n’est plus manœuvrant alors qu’il est indispensable de pouvoir diriger le bateau pour slalomer entre les vagues ou fuir la tempête. Il y a des ouvrages de référence pour la navigation par gros temps et si vous voulez flipper n’hésitez pas à les lire (je plaisante ce sont des bouquins vraiment intéressants.. mais flippants !) mais si vous n’avez pas le temps voilà quelques consignes pour le gros temps au près (pas pour les tempêtes extrêmes où les vagues déferlent sur toute leur hauteur et où seule la fuite est possible, mais jusqu’à 45/50 nœuds avec 5 mètres de creux c’est cool …)...

Le mieux est d’anticiper donc de réduire la toile avant que le vent ne monte mais attention ne pas trop réduire car il faut être manœuvrant, ne jamais être à la merci des vagues. Je me souviens d’avoir déjà remonté un vent de 40 nœuds et bien établis, à une vitesse de 4 nœuds avec 2 ris dans la GV. Mais à 35 nœuds quelques minutes avant je n’avais pris qu’un seul ris et je n’avais pas du tout envie d’aller manœuvrer pour prendre le second. Pourtant quand j’ai vu blanchir (encore plus) la mer à l’horizon je me suis forcé à aller faire le con sur le pont pour prendre le second ris et c’est surement ce qui a sauvé ma grand voile. Si j’avais du prendre ce ris dans un bon 40 nœud cela aurait été encore plus périlleux et le temps de le prendre la voile aurait eu le temps de se déchirer en faseillant.

Si la voile s’était déchirée, cela veut dire qu’elle aurait été très difficile à amener (risque pour le bonhomme de tomber, …) et si elle reste en l’air votre mat peut en prendre un sale coup car elle va battre de manière non prévue par les architectes, bref ça peut devenir galère … Donc quand il faut réduire il faut le faire (le plus tôt est le mieux mais même si c’est tard il faut y aller !), il n’y a pas d’autre option, laisser pourrir la situation peut avoir des conséquences « désagréables ». Je suis personnellement heureux (a posteriori !!!) d’avoir passé ce test car en plus de ne pas avoir envie d’aller se balader sur le pont dans ces conditions on n’a pas du tout non plus envie de lâcher la barre car le pilote lui il va tout droit, il ne sait pas éviter les vagues …

Dernière chose, si vous ne connaissez pas bien votre bateau dans ces conditions, réduisez plutôt un peu trop vos voiles et mettez le moteur pour rester manœuvrant.
 


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Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP



mercredi 02 janvier 2008 - 02:16:55
Une fois au large, le trajet entre La Corogne et Madère représentera une belle ligne droite.


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Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


samedi 05 janvier 2008 - 14:03:46
Que dire de notre dernière escale.... La Corogne...

La Corogne est un port Espagnol qui se situe sur la côte Nord du pays à environ 50 milles au NE du cap Finistère. Sa position en
fait une escale pratique pour qui vient de traverser le golfe de Gascogne depuis la France ou l'Angleterre.


L'intérêt de la Corogne est d'être un port d'accès facile à la voile de jour comme de nuit et quelque soit le temps (le mauvais
temps dangereux vient généralement des secteurs SW à Nord et il pousse à la côte).

Quand on vient du large, de jour comme de nuit, l'amer le plus visible est la tour Hercules près de la pointe Hermione. Cette tour culmine à 104 mètres et son phare (4 éclats 20 secondes) est visible de nuit jusqu'à 23 milles (position de la tour: 43°23 N - 8°24 W).


images01.jpg
Attention si vous rentrez ses coordonnées dans le GPS, il ne faut pas trop s'approcher de la côte à cet endroit (rester à 1/2 mille) et près de chaque pointe de la région qui sont souvent débordées de roches.

 

A proximité de la pointe Hermione vous chercherez, la nuit, l'alignement sur la pointe Mera qui vous préservera des dangers de la côte à tribord si vous le suivez correctement (cap 108,5°). Le but est de rejoindre le waypoint 43°23',30 N - 8°22',10 W. De la vous pourrez descendre plein Sud vers l'extrémité de la digue abri à un mille et demi. Vous laisserez sur tribord en entrant la petite bouée portant un feu 3 éclat vert toutes les 20 secondes.

Si vous arrivez par le Nord, faites route au 180° vers ce même waypoint. Cela permet d'éviter le banc situé à environ 1 mille au NW de ce point d'atterrissage ou les fonds qui remontent peuvent générer une grosse houle. Par beau temps et bonne visibilité, nos petits tirant d'eau permettent évidemment de viser directement le Waypoint d'atterrissage d'ou que l'on vienne.

L'extrémité de la digue abri est positionnée à 43°22'N - 8°22',4 W. Elle porte une tourelle de 18 m de haut qui envoie un éclat vert toutes les 3 secondes. Derrière cette longue digue, la houle est cassée et une vaste zone de mouillage bien abritée est facilement accessible même à la voile.

La zone de mouillage n'est pas de première qualité.
- L'eau est profonde : 12 à 15 mètres (et il y a le marnage d'au moins deux mètres qui se rajoute) N'hésitez pas à mettre de la longueur, nous avons vu un voilier chasser en l'absence de son équipage et se retrouver contre les pierres de la grande digue.

  • Il est loin des pontons de débarquement. il faut donc une annexe motorisée.

  • Deux ou trois épaves de chalutiers sont coulées dans la rade. Pour les éviter, on nous a conseillé de mouiller à moins de 100 mètres de distance de la grande digue.

Quand le voilier est immobilisé à l'ancre, (avec une deuxième ligne mouillée en plomb de sonde pour la tranquillité d'esprit voir l'article sur les mouillages) on peut rejoindre en annexe les pontons du Réal club Nautico.


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Le club nautique offre les commodités: douches toilettes etc ... à condition que vous ayez pris un corps mort chez eux : Grosse bouée orange qui vous coutera 16,83 € pour un 12 mètres. Si vous avez besoin de gasoil, vous allez vous amarrer au quai perpendiculairement à la passerelle. Attention à l'heure de la marée, il n'y a pas d'eau à marée basse mais l'eau trouble ne permet pas de s'en rendre compte.

 

Le centre ville est à un quart d'heure de marche. Ceux qui préfèrent être à un ponton, amènent leur voilier à la nouvelle marina. La Darsena Deportiva se trouve un peu plus à l'Ouest. Vous longez la grande digue en laissant à tribord la zone de mouillage puis le petit château de San Anton.


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L'accueil est sympathique, les pontons du fond sont larges et bien pourvus en électricité. Les mouillages sont difficiles sans annexe. La vieille ville est juste à coté. La ville est très animée. Les petites ruelles autour de la place Maria Pita accueillent des boutiques et de multiples restaurants. La vie nocturne est sympa comme souvent en Espagne et nous avons aimé fréquenter les bars à tapas et les magasins de charcuteries...

Ceux qui aiment les vieilles pierres et l'histoire doivent prendre le bus jusque Santiago, la ville de Saint Jacques de Compostelle.  La cathédrale est impressionnante et les autres églises, ainsi que les maisons de la ville, présentent une architecture intéressante.

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Bref: La Corogne: Une escale facile d'accès, qui peut offrir un avant-goût d'Espagne aux marins de passage pressés, ou qui pourra séduire ceux qui, comme nous ont été obligé de rester 15 jours.

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP



lundi 07 janvier 2008 - 23:06:36
Voilà maintenant trois jours que nous sommes au large et aujourd'hui c'est vraiment tout ou rien. Ce matin, nous avancions à peine et la grand-voile clappait d’un côté sur l’autre et depuis, nous avons fait cinq changements de voile et maintenant nous surfons dans 20 à 30 nœuds de vent dans une grosse houle et chaque mille nous rapproche de notre destination.

Ce soir je suis de quart avec Maria et le ciel est clair et la demi-lune éclaire notre route. C’est très différent de la dernière fois où j’ai rencontré ces conditions mais qu’il n’y avait pas de ciel et aucune visibilité.

En fait, si je n’avais pas été aussi fatiguée aujourd’hui, je crois que j’aurais pu apprécier cette magnifique journée de navigation et demeurer dans le cockpit durant le quart de Julien et Rosa.

Mais je suis restée pendant les quarts de notre pilote automatique. Il n’est jamais en retard mais je dois reconnaître que, moi, j’ai parfois été en retard pour mon quart, mais il ne s’est jamais plaint !
 

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP



lundi 07 janvier 2008 - 23:33:44
La nuit dernière fut physiquement, très difficile. Julien et Rosa dormaient profondément ce qui nous a permit de revivre un peu d’intimité.

J’étais dans le cockpit avec Maria qui me souriait, énigmatique tout en gardant les yeux rivés sur la route. Ne parlait pas. Seule sa main reposait sur ma cuisse. Je la pris dans mes bras pour la déposer sur le plancher du cockpit non loin de la roue. Forme blanche fantasmagorique dans la nuit claire. Cheveux noirs étalés sur la blancheur du fibre.

Les vagues s’écrasaient doucement, dans un bruit nocturne, comme étouffé, silencieux. Je relevai son t-shirt, qui descendait jusqu’à ses genoux, sur son ventre, y posai mon oreille pour écouter la mer. Son odeur de désir m’enivra. Maria sentait le sexe, la soif violente de se donner, d’être prise. Arôme pornographique que le vent de la mer me plaquait en plein visage.

Elle se redressa, écarta les cuisses. J’ôtai mon pantalon, m’assis face à elle, le dos à la roue. Mon sexe était dur, dressé. Maria s’empala dessus en gémissant les yeux rivés vers l’océan, m’enlaçant de ses bras. Elle se balançait doucement, la bouche dans mon cou. Ses chairs Gonflées de désir emprisonnaient mon sexe. Je la laissais se gaver de plaisir un instant puis lui imposai mon rythme pour l’ouvrir plus encore. Je l’empêchai de bouger. Je la voulais béante, je voulais coulisser en elle, jusqu’au plus profond d’elle.

Écartelée, elle cria. Ses cris se mêlèrent au bruit des vagues, ses ongles griffaient mon dos. Maria s’enivrait, se saoulait voluptueuse. Je la renversai et elle m’agrippa comme une noyée, noua ses jambes autour de mes fesses. Je la baisai lentement puis férocement, alternant le rythme de mes coups de butoir. Elle porta ses mains à son sexe, s’en barbouilla. Elle était déchaînée. Elle cognait son pubis contre mon bas ventre. Le sac et le ressac. J’allais et je venais, ses chairs démesurées se collèrent à moi comme une anémone de mer. Perdue dans sa volupté elle n’était plus qu’une furie vrillée sur mon sexe qu’elle martyrisait de plaisir.

Ses yeux fous rivés à mon regard comme une naufragée à sa bouée. Alors je l’immobilisai fermement. Je regardai Maria jouir. Son corps se souleva, elle pleura en criant. Ses chairs se collèrent sur mon sexe, et son tourbillon de plaisir infernal m’emporta, je giclai en elle, ce fut comme si la terre s’ouvrait. Je sentais les spasmes de sa jouissance s’éterniser, son sexe tressauter par instant, ses bras se refermer sur mon dos. Ses larmes avaient coulé dans mon cou, sur ses épaules. Je les léchai. C’était salé comme son jus et la mer.
 

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


mardi 08 janvier 2008 - 00:13:37
 

L'Archipel de Madère est situé dans l'Atlantique Nord à 700 kilomètres des côtes Africaines et à 1000 kilomètres de Lisbonne. Il est à peu près à la même latitude que Casablanca et non loin du détroit de Gibraltar.

... et si Madère était le paradis de l'Océan Atlantique? peut-être... mais pas pour ses plages car c'est un Archipel Volcanique.



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Elle fut redécouverte par les portugais en 1418 qui créèrent la capitale Funchal en 1421.

En portugais île de Madère se dit "ilha da Madeira" ce qui littéralement se traduit par île du Bois. La légende dit que cette île était entièrement couverte de forêts et pour l'habiter, la fertiliser, les portugais déclenchèrent un immense incendie qui dura 7 ans !

En 1455, l'île est déjà habitée par 800 familles de paysans soit environ 3000 personnes.

Christophe Colomb y séjourna en 1478.

L'île fut sous domination espagnole de 1580 à 1640, puis occupée par les britanniques pendant 6 mois en 1801 qui s'y installèrent de 1807 à 1814.

Depuis elle est habitée par des portugais. Et voici son drapeau !

 


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Réf. : http://www.madeiracasa.com/map_fr.html 
 


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ref. : http://www.tripadvisor.fr/Tourism-g189166-Madeira_Madeira_Islands-Vacations.html 
 


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Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP



mardi 08 janvier 2008 - 16:23:31
 

Nous naviguons en l'absence de tout obstacle, sauf les cargos bien sur, l'itinéraire le plus court d'un point à un autre, sur la sphère terrestre, est un arc de grand cercle, appelé orthodromie ou route orthodromique. Sur une carte Mercator, cette route n'est pas une ligne droite. La ligne droite, ou route à cap constant, est appelée loxodromie.

Le gain d'une route orthodromique sur une route loxodromique n'est appréciable que sur de grandes distances et aux latitudes élevées.

Une étude fine des conditions climatologiques, océanographiques et météorologiques permet, par ailleurs, de choisir la route optimale qui permettra de tirer profit du vent et du courant et d'éviter les perturbations susceptibles de ralentir la marche.

Le routage maritime, est, bien sûr, d'une importance essentielle, pour la navigation à voile, mais elle est également utile à la marine marchande. Nous sommes présentement à mi-chemin et avançons dans le sens du Gulf Stream.
 


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Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP



mardi 08 janvier 2008 - 16:25:24
Même le vent est de notre bord...

 


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Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP




mardi 08 janvier 2008 - 16:29:59
 

Sur une carte météorologique, les météorologues utilisent un symbole pour représenter à la fois la vitesse et la direction du vent.

Ce symbole est la barbule.


barbule.gif

La tête de la barbule pointe dans la direction d'où vient le vent. Sur l'image, le vent souffle donc de l'ouest vers l'est. C'est un vent d'ouest.

La vitesse du vent est donnée par le nombre de barres et / ou de drapeaux attachés à la barbule :

  • 1 drapeau = 50 nœuds

  • 1 longue barre = 10 nœuds

  • 1 petite barre = 5 nœuds


Pour trouver la vitesse du vent, il suffit donc d'additionner la valeur de toutes les barres et des drapeaux attachés à la barbule.
 


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ref. : http://galileo.cyberscol.qc.ca/InterMet/vent/p_vent10_mesure.htm 

 

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


 

mardi 08 janvier 2008 - 20:33:56
 

Julien ne parlait presque jamais de son business mais nous savions qu’il avait pris sa retraite relativement jeune, et avait laissé à d'autres la direction de ses affaires soit une entreprise manufacturière qu’il avait héritée de son père.

Ce soir après le deuxième bouteille de vin, il nous a raconté son histoire....

Il disait que son père était d'une modestie et d'une austérité étonnante… le dimanche, nous n'avions le droit que de lire la Bible ou de nous promener. Les activités sportives étaient proscrites. Il n'a jamais bu une goutte d'alcool de sa vie et n'en servait même pas à ses invités. Moi-même, je n'ai bu mon premier verre que bien après mon entrée à l'université.

Face à l'argent, je crois qu'il était, de même, mû par sa foi chrétienne, avec l'idée qu'une fortune doit être utilisée avec sagesse et au profit des autres. «Tout droit implique une responsabilité, toute chance, une obligation, toute possession, un devoir», disait-il.

Contrairement à mon père, ma mère était bien plus encline à profiter des petits plaisirs de la vie. Elle nous emmenait au restaurant, au spectacle. Elle aimait la beauté et l'art moderne. Nous avions de l'argent, bien sûr, mais il faut que vous compreniez à quel point rien dans notre éducation ne nous assurait que nous deviendrions héritiers, ou même très riches nous-mêmes. Ils sont décédés en 2003 dans un accident d’avion.

Ensuite, avec ma fiancé et sur le voilier que j’ai hérité de mes parents, nous avions décidé de partir faire le tour des plus beaux sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco et chaque pays que nous traversions (une quarantaine au total) était une nouvelle découverte, alors en ce sens nous nous émerveillions chaque jour et nous n’étions pas pressés d'interrompre cela.

Jusqu’au jour où, en Italie, et sans comprendre encore aujourd’hui pourquoi, elle ne voulait plus vivre avec moi… J'aurais aimé lui dire 2 ou 3 mots mais il n'y avait plus rien à dire. Je ne voulais pas repartir seul mais rester avec elle, peut-être à ne rien faire et simplement la regarder et la trouver toujours plus belle. J'aurais aimé lui dire 2 ou 3 mots mais il n'y avait plus rien à dire et elle m'a fait comprendre que je devais repartir seul.

J’ai atterri en Espagne et je me suis saoulé afin d’oublier et trop ivre pour m’occuper de mes affaires, j’ai alors vendu mon voilier et aujourd’hui il ne me reste que ces deux sac contenant mes effets personnels et quelques rares souvenirs qu’ils me restent de notre voyage.

 

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


 

mardi 08 janvier 2008 - 21:04:48
 

De plus, Julien nous expliquait l'art de la navigation traditionnelle...

Il n'existe pas ou très peu d'écrits sur la navigation traditionnelle. La navigation repose aujourd'hui encore sur la même problématique qu'à l'époque: il faut dans un premier temps fixer un trajet vers son but ; ensuite savoir où l'on se trouve lorsqu'on est en pleine mer pour effectuer un ajustement de trajectoire ; et enfin, à l'arrivée sur le lieu, le localiser avec précision pour l'abordage.

Le "chemin d'étoiles"

Les navigateurs avaient trois alliés dans la route qui les conduisaient jusqu'à leur lieu de destination. D'une part le "ciel", puis les vents et enfin la houle. Le ciel ou plutôt les étoiles étaient un repère fiable pour déterminer les routes à suivre. Au début de la nuit, chaque étoile se lève à l'est pour se coucher à l'ouest en suivant une trajectoire identique d'un jour à l'autre. Lorsqu'une étoile avait fini son chemin, les navigateurs prenaient une nouvelle étoile connue pour avoir une position sur l'horizon quasi identique à la précédente. Cette succession d'étoiles était nommée "chemin d'étoiles". En plus des "étoiles guides", les navigateurs se servaient des constellations surtout à cause des nuages qui faisaient écran lors du lever des étoiles.

Durant la journée, le soleil et le vent prenaient le relais des étoiles. Le soleil fixait les quatre points cardinaux et ses subdivisions. Les autres points étaient visualisés grâce aux différents vents, parfaitement connus des navigateurs. Cette association a permis la création de rose des vents. Cependant, les changements fréquents des vents ne donnaient pas une direction précise. C'est pourquoi, un troisième élément naturel était utilisait avec l'appréciation des houles, plus régulières elles. La façon avec laquelle la coque était frappée, la forme de la houle et la couleur de l'eau étaient des indices précis et fiables. Paradoxalement, la navigation de nuit était plus sure que celle effectuée de jour parce qu'elle demandait moins d'attention et restait plus précise.

Tenir le cap

Une fois en mer, il fallait tenir le cap pour arriver au but. Le courant, les intempéries et les autres problèmes, détournaient le bateau de sa trajectoire initiale. Il était nécessaire au navigateur de connaître et d'estimer tous ces paramètres pour rectifier le tir. Celui-ci était corrigé en fonction de l'angle fait par le sillon du bateau et une ligne imaginaire traversant son axe longitudinal. La force du courant avait un rôle très important pour l'estimation des directions puisqu'en règle générale, les courants circulent vers l'ouest ou le sud-ouest.

Le trajet parcouru était estimé en fonction des vents et de la force de la mer, et comptabilisait en nombre de jours de voyage. Le temps passé en mer évaluait le chemin effectué avec exactitude et l'endroit où se trouvait l'embarcation.

Terre !

Après des jours passés en mer, il ne fallait en aucun cas manquer la terre d'accueil. Là encore, les navigateurs se servaient d'indices et d'éléments naturels très précis. Une des méthodes consistait à élargir la cible (île) en l'entourant d'un halo imaginaire de 30 milles. Grâce à ce procédé, certaines îles ainsi agrandies se touchaient et formaient une plus grande surface repérable.

La présence des oiseaux de mer étaient et sont toujours un indice très important; en fonction de l'espèce, les navigateurs pouvaient estimer la distance qui les séparait de leur but. Ainsi la présence de frégates leur donnait un premier rayon de 75 milles de la terre et les sternes une nouvelle estimation de 20 milles des côtes. Les allées et venues des oiseaux pour retourner à leur nid, traçaient la direction vers les terres.

Les nuages en pleine mer étaient un bon moyen de repérage. En effet, la couleur et la forme des nuages permettaient de savoir si les navigateurs s'approchaient d'une île haute ou d'un lagon.

Les navigateurs se servaient de la houle lors de leur voyage, or à l'approche de terres, les houles "rebondissent". Là encore, indice très important que les navigateurs ne manquaient pas d'analyser pour le repérage et l'abordage du but. Dans certaines régions, des cartes de houle étaient même réalisées avec des palmes de cocotiers qui symbolisaient les différent types de houle.

Un autre indice était le repérage de végétaux à la dérive; l'état de fraîcheur permettait d'estimer l'éloignement de la terre tandis que le sens de ces végétaux donnait la direction du but à atteindre.
 

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


 

jeudi 10 janvier 2008 - 12:22:40
 

Déjà 6 jours que nous sommes au large et dormir est un luxe, le manque d’espace se fait vite oublier. Les journées sont séparées en quarts de travail. Les tâches sont parfois téméraires, comme celle de grimper au sommet du mât pour démêler le drapeau !

Normalement divisé en équipes, l’équipage se partage les différents quarts de la journée : le jour est divisé en deux quarts de six heures et la nuit, en trois quarts de quatre heures. Certains de par leurs responsabilités ont des quarts plus spécifiques, par exemple;

Responsable de l'équipement de sécurité: quart de 08h00 à 12h00 et de 20h00 à 00h00

Responsable de la navigation: quart de 12h00 à 16h00 et de 00h00 à 04h00

Responsable de l'entretien et du bon fonctionnement du bateau (pont, accastillage, moteur, vivres...) quart de 16h00 à 20h00 et de 04h00 à 08h00

Skipper, grand responsable (certificats de navigation, communications, douanes, plan de passage...)
Il travail au besoin... à la demande... gros temps / trafic / manœuvre / approches / passage difficile...

Il faut donc oublier les longues nuits de sommeil…

La promiscuité avec les autres membres de l’équipage permet de créer rapidement des liens solides et intenses. La vie sur un bateau attire souvent des gens assez colorés…

Le quotidien est pimenté par les récits de tous et chacun. Sinon, Rosa nous entretient sur son expédition en Amazonie et Julien nous relate ses recherches pour retrouver une épave espagnole au large de la Caroline du nord.

Et si on n’a envie de parler à personne, on va s’amuser avec Coquette, la chatte du bateau qui surpasse tout l’équipage pour ce qui est du nombre de jours consécutifs passés sur un voilier.

Une vie de marin, c’est donc à la fois peu de sommeil, un travail continu et une absence totale de vie privée. Alors pourquoi sommes-nous passionnés par ce mode de vie? Pour l’intensité de l’expérience, bien sûr !

Être en voilier au milieu de l’Atlantique et sur la route de Christophe Colomb, c’est explorer le passé tout en voyageant et en rencontrant des gens intéressants, excentriques, audacieux et qui, finalement, se révèlent être exactement comme nous !

Après un long séjour en mer, le retour dans le quotidien est parfois difficile. Mordue de voile, je crois que mon destin est à jamais lié à la vie marine ou au « real world », comme disent fièrement les marins. Un monde bien réel qui est maintenant aussi le nôtre.
 

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


 

jeudi 10 janvier 2008 - 15:07:50
Julien disait pour sa part, lorsqu’il navigue à deux, que les quarts sont les suivants :
 

  • responsable de l'équipement de sécurité et de la navigation... préparation du déjeuner, du souper et le ménage quart de 04h00 à 10h00 et de 16h00 à 22h00

  • responsable de l'entretien et du bon fonctionnement du bateau (pont, accastillage, moteur, vivres, certificats de navigation, communications, douanes, plan de passage... préparation du diner et lunch du soir/nuit et travail au besoin... à la demande... par gros temps / trafic / manœuvre / approches / passage difficile... quart de 10h00 à 16h00 et de 22h00 à 04h00 (Skipper)



De cette façon, on se partage les heures du sommeil réparateur, soit entre 02h00 et 05h00. On est de quart 12heures par jour avec au moins 6 heures de repos consécutif. La vigie (visuelle) doit être assurée à chaque 15 minutes, horloge pour le temps nécessaire. En principe: 16 heures de quart max pour un repos consécutif de 6 heures min afin d’avoir une gestion efficace de la fatigue! Et bien attendu avec un pilote automatique ou un régleur d'allure.

Les non-initiés devraient suivre ce régime avec une plus grande discipline, rappelez-vous l’histoire du Mondisy ! J'y ai goûté pendant des mois et des mois... et je suis toujours vivant !
 

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


 

vendredi 11 janvier 2008 - 02:01:02
Julien me fait de plus en plus penser à un collègue que j’ai connu, il y a plusieurs années. Il était triste, sans toutefois être vraiment déprimé.

Ce collègue était fortement attiré par une femme, à son travail. Elle avait été embauchée l’année précédente. Lorsqu’ils ont été présentés, il n’a vu que ses yeux. Il ne voit toujours que ses yeux.

Il était marié, avait des enfants, n’était pas heureux. Ça n’a pas aidé, les yeux. Il s’est posé beaucoup de questions, j’imagine qu’ il s’en pose toujours. Que cherchait-t-il? Que lui manquait-t-il? Qu’est-ce que l’amour, le bonheur? Et qu’il y avait-il donc dans ces yeux?

Plusieurs fois on a discuté. De ce qu’on avait, de ce qu’on n’avait pas. Combien de fois j’aurais voulu voir ces yeux, moi aussi. On a parlé de nos mariages, nos déceptions, nos joies, nos peines et nos colères. Et parfois dans les yeux de mon copain, une trace d’infini, un reflet de beauté, un écho exotique. Et j’y devinais les yeux qui l’avaient conquis.

Il est toujours avec sa conjointe. Il a bien pensé partir, mais s’est méfié des rêves qui parfois semblent si réels car on les vit les yeux grand ouverts. Rien ne dit que son mariage survivra longtemps, mais rien ne dit non plus qu’il n’y a plus rien à faire.

Jamais il ne lui a parlé de ses sentiments, bien qu’il lui parlait tous les jours. Comme moi, il rêvait de tendresse, d’affection, de complicité. Son regard à lui ne voyait d’elle que ses yeux, pas son corps. Il a été son ami, un être vivant dans un milieu très impersonnel. Et il était satisfait de la côtoyer tous les jours, même si ses rêves lui tenaillaient le ventre.

Et un lundi, sans crier gare, elle est partie. Peu importe si elle avait trouvé un autre boulot ou si elle avait été congédiée, elle n’est plus là. Il a eu le temps de la regarder une dernière fois dans les yeux, de lui dire au revoir, de lui demander de rester en contact, pas plus.

Et il s’ennuyait. Son milieu de travail n’est plus le même. Les yeux ont disparu, il n’en restait qu’un reflet sous les paupières de mon copain. Il espérait la revoir un jour…

Il était venu me parler. Me racontant ce qu’elle était, comment il avait apprécié sa présence, avec tant de petites anecdotes et de petits détails que l’image qu’il a conjuré, devant moi, avait l’air si réelle que je croyais la voir respirer. Dommage que pour moi, elle avait les yeux fermés.

J’ai été si ému de voir cet homme raconter ses joies pour oublier sa peine, son rêve qui lui adoucissait sa vie. D’autres anecdotes de son adolescence, du début de sa vie de couple avec la mère de ses enfants, petits éclats de bonheur irisés sous la lumière de la soirée. Un homme simple dans une vie compliquée, un homme vrai qui se cherche.
 


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Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


 

vendredi 11 janvier 2008 - 16:42:34
 

Ce week-end à 560 km à l’Ouest de Casablanca surgira Madère des profondeurs de l’océan, bien esseulée par rapport aux autres archipels de la Macaronésie. La Macaronésie est l'ensemble qui regroupe les îles Canaries, Madère, les Açores, les îles Selvagens et les îles du Cap-Vert. C'est une entité physique contestée mais qui partage une réelle histoire commune. Elle fut le laboratoire de l'inhumanité de la colonisation caribéenne : extermination des autochtones, esclavage et cultures d'exportations.

Madère est un produit volcanique hybride entre l’humidité des Açores et l’aridité des Canaries/Cap-vert. La côte nord, au vent des alizés de Nord-est, capte toute l’eau et grâce à un réseau d’irrigation (levadas) et de terrassements spectaculaires (poios), arrose tout le versant sud de l’île, sec mais continuellement vert et fleuri.

Dans la région de Madère, la houle est grosse et fréquente d’octobre à avril et encore plus importante en plein hiver soit de novembre à février. Madère ne capte que le coeur de la houle, il faut donc s’attendre à des variations brusques et à des séries surprises. Il faut être constamment aux aguets, checker au sud et au nord, il faut bouger.

Les alizés sont moins établis qu’aux Canaries, la tendance est au Nord-est (de 21% en janvier à 49% en août) mais des fronts pluvieux de dépressions basses peuvent envoyer un peu de Nord-Ouest. Les vents qui circulent sur la face équatoriale des anticyclones tropicaux sont dénommés les alizés ("trade winds"). On distingue l'alizé de Nord-Est pour l'hémisphère Nord et l'alizé de Sud-Est pour l'hémisphère Sud. Entre les deux se trouve la zone de convergence équatoriale (ITCZ) souvent dénommée le front intertropical.

La meilleure période pour avoir un vent de l’Est est de novembre à février. Il ressort que la côte Nord est souvent onshore tandis que la côte Sud bénéficie d’un offshore régulier. Quant aux marées, ça peut varier jusqu’à 2,3m et sur place seule la capitainerie de Funchal délivre des copies de tables de marées.

Madère jouit d’un climat subtropical particulièrement ensoleillé au sud (310 jours de soleil par an). En revanche, la côte nord, tout comme les montagnes, sont souvent dans le brouillard et le crachin, les nombreuses chutes d’eau témoignant de cette humidité constante.

Nous arriverons à Porto Santo, puis ferons route vers Funchal qui est la capitale de l'archipel de Marère et ensuite nous nous dirigerons vers les Canaries.


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[ Édité vendredi 11 janvier 2008 - 16:45:26 ]

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP



vendredi 11 janvier 2008 - 18:01:32

Pour les navigateurs une route orthodromique désigne ainsi la route la plus courte à la surface du globe terrestre entre deux points. Comparons notre route vers Madère, entre les trajectoires loxodromique (noir) et orthodromique (rouge) sur une carte à projection de Mercator.
 


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Sur une carte en projection gnomonique, l'orthodromie est représentée par une droite ; les cartes en projection gnomonique sont utilisées pour la navigation en latitudes élevées. Sur une courte distance, on peut confondre orthodromie et loxodromie. La distinction devient importante lors des traversées océaniques pour des parcours E-W (et inversement) et surtout aux latitudes élevées (voir la formule donnant le gain de l'orthodromie sur la loxodromie).

On notera que la courbe de l'orthodromie sur la carte Mercator est ouverte vers l'équateur (soit courbée vers le pôle, nord dans l'hémisphère nord, sud dans l'hémisphère sud). Ceci signifie que pour une traversée est-ouest (et inversement) on va se rapprocher du pôle.

Le point d'infléchissement de l'orthodromie s'appelle le vertex. La détermination de la latitude du vertex (latitude maximale atteinte) est une grandeur intéressante à déterminer pour préparer une traversée circumpolaire maritime (dans l'hémisphère sud par conséquent, par exemple de Tasmanie au Cap Horn) où il importe de ne pas trop gagner en latitude en raison du danger des glaces et de la banquise.

La route choisie alors se décomposera en un tronçon d'orthodromie jusqu'à la latitude extrême que l'on ne veut pas dépasser, puis un tronçon de loxodromie à cette latitude et enfin un autre tronçon d'orthodromie pour remonter jusqu'à destination.


 

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


 

dimanche 13 janvier 2008 - 23:01:40
Nous sommes arrivés au large des côtes de Porto Santo à 3 heures du matin et nous avons attendu que le soleil se lève avant de s'en approcher et d’entrer dans cette marina inconnue de notre équipage.
 


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La remontée des fonds nous a occasionnée une petite houle croisée qui nous a fait beaucoup rouler mais quel spectacle que de voir ces falaises multicolores.

Arrivée classique dans un port inconnu... "On va où ? Tu vois quelque chose ? Tu crois que c'est là ? On mouille ? On attends ?" Nous avons essayé d'appeler par VHF mais personne n'a répondu.
 


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Peut-être était-il un peu tôt, 8 h venaient juste de sonner... quand nous avons aperçu un homme, sur le quai de la marina, qui nous faisant signe, nous nous lançons dans une requête en anglais bien sûr et il nous a répondu avec un grand sourire et dans un français impeccable : "vous pouvez parler français". Ouf !

Ce jeune homme fort sympathique est employé de la marina : il nous indique que l'on peut mouiller dans le port. Nous pensions d'abord nous installer sur corps-mort, mais ils sont paraît-il en préparation pour la saison à venir, alors reste le choix de rester sur notre ancre (en payant quand même) ou d'aller à la marina.

Ce sera donc la marina. Ca nous évitera de gonfler l'annexe. Formalités douanières, enregistrement à la marina, tout s'est enchaînés rapidement.

L'eau est si limpide dans la marina qu'on pourrait s'y baigner, chose inimaginable à ce temps-ci de l’année car l’eau est trop froide et contrairement à Funchal, la capitale, ici nous retrouvons une plage qui s'étend sur 9 km dans une baie splendide, sable très fin, doré, eau très claire, dégradé des couleurs de l'eau turquoise à bleu intense en passant par la menthe à l'eau.
 


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Afin une bonne douche est un pur bonheur, ah le plaisir d'un bon shampoing à l'eau douce !


[ Édité dimanche 13 janvier 2008 - 23:04:07 ]
Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


 

mardi 22 janvier 2008 - 01:23:29
 

J’ai rejoint Maria sous la douche...

Me voici devant la porte de la salle de bain et j’entends déjà l'eau qui coule de l'autre côté et je devine Maria qui se savonne.

Je gratte à la porte pour signaler mon arrivée. Aucune réponse. Alors je tape un peu plus fort et l'eau se coupe. "Oui? - C'est moi, je peux entrer? - Bien sûr" me dit-elle dans un éclat de rire. La salle est déjà saturée de vapeur d'eau. Je devine le corps de cette femme à travers la paroi de plexiglas fumé.

Cet environnement moite et chaud est rassurant. J'ouvre la porte et entre dans la cabine de douche. Maria est entrain de se frotter, elle me tourne le dos et ma main droite se pose sur ces sublimes fesses. Je les caresses. Maria se retourne, presque surprise, et me regarde avec un sourire. Je sens l'eau glisser sur ma nuque et mes épaules puis le long de mon dos.

C'est tellement agréable de sentir cette eau chaude que j'en oublie presque Maria qui est à côté de moi. Les yeux fermés, tête baissée, penchée sur le côté, j'écoute le bruit sec des gouttes qui tombent sur le fond de la douche.

Puis, une main me fait revenir à la réalité. Elle caresse mon dos. Je sens la mousse descendre lentement le long de mes reins. Maria se colle contre moi. Je sens son corps. Ses seins et ses mains qui maintenant frottent mon torse. Elle m'embrasse dans le cou et me dit qu'elle apprécie que je sois venu la rejoindre si rapidement. "Laisse-moi faire" me susurre-t-elle en frôlant mon sexe.

Elle prend du gel douche dans sa main droite et me lave. Elle insiste particulièrement sur mes cuisses, mes hanches, mes fesses et mon organe procréateur. "Il vient d'être soumis à rude épreuve, il faut en prendre soin pourtant…..

Après quelques minutes, elle se relève…. Je coupe la douche et nous sortons de la douche….. Quelqu’un frappe à la porte….Quelqu'un frappe à nouveau….


[ Édité mardi 22 janvier 2008 - 01:24:55 ]

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


 

mardi 22 janvier 2008 - 16:59:15


L'histoire du tourisme à Madère est loin d'être récente. On peut même affirmer que le tourisme commença à Madère avant d'y exister en tant que tel. Il débute grâce à la douceur du climat d'abord grâce à l'extrême beauté des paysages ensuite.

Le Dr. Herberden aurait été le premier, en 1751, à publier des informations très favorables sur le climat de Madère. Au cours des XVIIIème et XIXème siècles, de nombreux auteurs étrangers publièrent livres et guides insistant, eux aussi, sur la qualité du climat de l'île.

Très vite la douceur extrême du climat de Madère et l'excellence de son air furent connues en Europe puis en Amérique. L'île fut alors recommandée pour la guérison de la phtisie au tuberculose.

De tous les pays, et surtout d'Angleterre, on venait à Madère pour profiter des qualités médicinales de l'île. Parmi ces visiteurs, de nombreux membres de l'aristocratie couronnée européenne. Les Anglais furent en fait, à partir du XIXème siècle, les véritables promoteurs de Madère en tant que destination touristique. C'est aussi en Angleterre que furent publiées les gravures dites aussi "estampes" de Madère. Datant de la première moitié du XIXème siècle, d'inspiration très romantiques elles firent indéniablement connaître les beautés de l'île dans le monde.

A cette époque, Madère était traditionnellement considérée comme "séjour d'hiver". Ensuite, le danger de la tuberculose s'éloignant on continua à venir à Madère en hiver mais cette fois pour simplement s'y reposer.

On passa donc d'une situation thérapeutique à une situation touristique de fait. Nous sommes actuellement en pleine "phase touristique". On vient à Madère toute l'année pour profiter de la douceur de son climat et des beautés de ses paysages, très appréciés par notre moderne société "des loisirs".

La région offre 24 mille lits, parmi 250 hôtels et plusieurs petits châteaux adaptés pour le tourisme rural, 60% desquels sont des hôtels à 4 et 5 étoiles.

Au Funchal il y a 15 mille lits disponibles, les autres étant distribués par les autres communes de la région: Santa Cruz, Machico, Santana, São Vicente, Porto Moniz, Calheta, Ponta do Sol, Ribeira Brava, Câmara de Lobos et Porto Santo.

Tous les hôtels offrent la même sympathie, le même bon goût et la même qualité. Le touriste peut choisir entre les centenaires hôtels raffinés et traditionnels ou les nouveaux hôtels, plus petits mais en pleine campagne et plus près de la nature.

Malgré l'existence du port de Funchal, Madère est surtout desservie par des liaisons aériennes (plusieurs vols quotidiens Lisbonne-Funchal et vols "charters" de et vers plusieurs pays européens).

Le 15 septembre 2000, la Région a inauguré l'œuvre d'ingénierie la plus grande et la plus complexe jamais réalisée au Portugal -une œuvre de grande importance stratégique pour la Région, l'Aéroport de Madère.

La Région est désormais accessible sans aucune limitation. L'atterrissage et le décollage de tous les types d'avions commerciaux, y compris les actuels B-747 et les avions pesant 400 tonnes, sont possibles. Les vols intercontinentaux sont maintenant une réalité.

Les déplacements à l'intérieur de l'île se trouvent grandement facilités grâce aux infrastructures routières modernes qui ont été construites et développées ces dernières années.

Au Funchal et à Porto Santo les ports sont fréquemment visités par des navires de croisière. Ces marinas reçoivent des yatch du monde entier et il y a eu même déjà de diverses concours internationaux en ce qui concerne ce sport.

Actuellement l'intérieur des îles n'est pas si isolé et il est plus facile à visiter car une moderne structure routière a été développée. Le réseau routier de Madère a subi de profonds changements qui ont remplacé les accès lents et difficiles par des liaisons rapides et directes.

Ces travaux sont intervenus dans divers endroits de la Région et ont permis de relier l'est à l'ouest, ainsi que la côte sud à la côte nord de l'île.

On a diverses moyens de transport pour les touristes: des autobus, des taxis et un hélicoptère rendent possible des parcours très différents. Il y a des parcours touristiques, soit des parcours maritimes, soit des parcours sur l'île, parmi lesquels le touriste peut choisir. Porto Santo est toujours disponible et il y a des transports aériens et maritimes. Un ferry-boat fait aussi le transport des voitures.

Le premier vol réalisé entre le contient et Madère eut lieu le 22 Mars 1921 et fut réalisé en hydravion par Gago Coutinho, Sacadura Cabral et Otins Bettencourt Souhiram.

Bien que le tourisme soit aujourd'hui une des principales ressources économiques de l'île, celle-ci exporte aussi des vins, de l'eau de vie, des bananes, des broderies, des conserves de poisson, des liqueurs, des jus de fruits, du poisson congelé, du tabac (cigares et cigarettes, etc...).

On y fabrique également des laitages et certains types de papier.
 

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


 

samedi 02 février 2008 - 12:45:31
Départ vers les Îles Canaries...
 

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samedi 02 février 2008 - 12:49:25
Nous quittons Funchal vers 10h00 après être allé à terre chercher les fichiers météo grâce à wifi-Madeira. Beau temps en perspective, avec peu de vent.

De Madère aux Canaries (est et ouest) : 280 milles.

Une heure après le départ, et nous nous y attendions, renforcement du vent jusqu'à force 6 dû à l'effet des îles et de leur taille, et ça va durer jusque dans la soirée où nous nous serons éloignés d'une cinquantaine de milles des côtes. Toujours est-il que cela nous fait engranger des milles sur la route de Graciosa, l'île à l'extrême nord des Canaries que nous visons et distante de 270 milles.

Samedi 29. Très peu de vent (5 à 8 nœuds), nous avançons tout doucement sous le soleil sur une mer belle. Nous espérons arriver à Graciosa demain matin. Nous avons repris nos petites habitudes de traversées calmes (voir le récit de Lisbonne à Madère).
Nous traînons deux lignes mais la dorade coryphène ne veut pas mordre.

Nous essayons de vous faire un compte-rendu le plus fidèle possible de notre voyage. Vous aurez remarqué, il y a beaucoup de photos de beau temps. C'est que dès que le vent fraîchit, nous sommes davantage occupés aux manœuvres et nous n'avons guère l'idée de sortir l'appareil photos !
Il est difficile aussi de vous décrire l'ambiance des nuits en mer, difficile de faire des photos du bateau qui file dans la nuit noire ou sous un ciel étoilé. Et nous n'avons pas non plus les mots pour le dire ...

Comme prévu, et ayant profité un maximum du petit vent, nous sommes en vue des Canaries dans la nuit du 29 au 30 janvier, et arrivons sur la pointe de l'île de Graciosa (à l'extrême nord est de l'archipel) au levé du jour. Ceci avec quelque souci dû au "plantage" du GPS lors de la relève de quart de 3 heures du matin, ce qui nous fera utiliser le GPS portable de secours pour l'arrivée. Nous arrivons à 9h30 et mouillons devant la plage Francesa, au milieu d'une quinzaine d'autres bateaux. Nous aurons donc mis 3 jours moins 1 heure (dont 23 au moteur) pour effectuer les 271 milles de la traversée (3,8 nœuds de moyenne).

Pour nous l'arrivée aux Canaries sur l'île Graciosa est un véritable changement avec des paysages qui font penser à l'Afrique ! Nous passons notre première journée sur l'île (6,5 x 3 km) par une grande ballade commençant par l'ascension d'un petit mont volcanique de 170 mètres de haut dominant notre mouillage (on aurait pu ramener des pierres de laves pour notre barbecue de Brest !) Nous continuons par une visite rapide du petit et unique village de Caleta del Sebo. Ce village n'est constitué que de maisons blanches, carrées et bâties sur du sable. Le sable est d'ailleurs omniprésent sur l'île ce qui rend un peu pénible la marche entre notre mouillage et le village (environ 2 km)

Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


 

dimanche 03 février 2008 - 03:58:40
 

Caleta del Sebo...

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Commandant GCAC & Capitaine de Port ECP


 

 

Ce récit est purement fictif mais autant précis que possibles.

Les références, les sites web, la liste des auteurs et

collaborateurs et des produits associés sera publié ici.

Merci d'avoir lu ce récit.
Michel Denis
[ Édité mardi 05 février 2008 12:49:35]

 

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